27 au 30 mars 2018Parc des expositions
Paris Nord Villepinte

Les Pouvoirs Publics impliqués

Les Pouvoirs Publics impliqués, plus que jamais

Après l’annonce par le ministre de l’économie de la FrenchFab, c’est le Premier ministre, lors du dernier Conseil National de l’Industrie qui a placé l’industrie intelligente au cœur de sa politique. Il en a profité pour annoncer votre événement de Mars prochain. Pour Edouard Philippe, « ce sujet de la transformation de l’industrie est clé. Les nouvelles technologies et les nouvelles opportunités économiques nous donnent une chance historique de rebattre les cartes de l’industrie et de redonner aux Français une envie d’industrie et de progrès technologique ». Extraits du discours.

 

Extraits du discours du Premier Ministre

L’ancien maire du Havre que je suis pourrait vous raconter des dizaines d’histoires havraises sur l’industrie… Si je vous parle de ma ville, ce n’est pas seulement parce que j’y suis attaché, c’est parce qu’elle m’a appris ce que représente l’industrie pour un territoire. J’y ai appris que l’industrie fait vivre un territoire, que l’industrie lui donne des repères dans un monde tourmenté, que l’industrie donne aussi une souveraineté et une autonomie stratégique à notre pays.

 J’y ai appris que l’industrie permet le progrès : le progrès au quotidien, le progrès en matière de santé, le progrès en matière de mobilité, le progrès en matière d’énergie et d’environnement … J’y ai aussi appris que l’industrie donne une certaine fierté : fierté de voir les sirops Monin produits dans une nouvelle usine à Bourges vendus dans tous les bars du monde, de Paris à Shanghai ; fierté que la nouvelle usine Hennessy en Charente permettra au cognac français de se développer ; fierté de voir les verres Duralex de notre enfance produits en France s’arracher comme des petits pains à Séoul ; fierté de diffuser un peu de « French Fab » partout dans le monde.

Mais ce n’est pas seulement par fierté qu’on veut une industrie dans ce pays et qu’on ne va pas lâcher l’industrie de notre pays.

Quels sont les problèmes auxquels un Premier Ministre fait face en France en 2017 ? J’en vois trois principaux, qui occupent une large partie de mon temps. Et je crois que sur ces sujets, l’Etat et l’industrie doivent pouvoir s’aider.

Le premier, c’est le sentiment d’abandon de certains de nos concitoyens, qui estiment que le pacte républicain se fissure. Le deuxième, c’est le chômage de masse qui casse des territoires et des familles.

Le troisième, c’est la dégradation de nos comptes publics, et la nécessité de les redresser urgemment, notamment pour gagner en marges de manœuvre dans notre action publique et pour gagner en crédibilité vis-à-vis de nos partenaires européens.

On peut imaginer toutes les solutions palliatives que l’on veut à ces trois problèmes. Mais force est de constater que développer l’industrie de notre pays est aussi et avant tout une manière durable et profonde de répondre à ces questions. Et c’est pour cela que je veux une industrie plus forte dans un pays plus fort.

Au Havre, à Bobigny, à La Souterraine, à Grenoble, à Saint-Nazaire, à Bourges : partout, l’industrie permet la reconquête.

Une usine vaut mille plans de revitalisation locale.

Aujourd’hui, quand une usine s’installe en France et il y en a eu une centaine depuis le début de l’année, il y a deux chances sur trois qu’elle s’installe à proximité de petites et de moyennes villes. Précisément là où on en a le plus besoin. Alors que quand une activité de services s’installe, elle a neuf chances sur dix de s’installer dans une métropole.

Cette conquête, cette reconquête, elle ne vaut pas que pour le territoire national : la France a besoin de son industrie pour redevenir une grande puissance exportatrice. Si, pour ne citer qu’eux, Airbus (qui vient de décrocher la plus grosse commande de son histoire), Sanofi et LVMH sont aux avant-postes de notre dynamisme commercial, force est de constater que le manque de compétitivité de notre industrie à l’export pénalise et dégrade durablement nos comptes publics et handicape notre action.

Voilà très simplement pourquoi on veut d’un pays industriel, voilà pourquoi je suis venu vous exposer notre ambition pour l’industrie, voilà pourquoi on ne va pas lâcher notre industrie. Voilà pourquoi une France sans usines n’est pas une option pour répondre aux défis posés à un Premier Ministre en 2017.

Je souhaite que l’on mesure clairement notre responsabilité collective aujourd’hui même….

Il faut le dire. On n’a collectivement pas fait assez pour l’industrie. L’industrie française est désormais au 8ème rang mondial. Elle est derrière l’Italie. Et demeure trois fois plus petite que l’Allemagne.

La production industrielle, le moral des chefs d’entreprise, l’investissement frémissent depuis quelques mois vers le haut.

Les carnets de commandes n’avaient plus été aussi fournis depuis 2008. Le taux d’utilisation des capacités est très au-dessus de la moyenne. L’hémorragie du nombre d’emplois industriels semble s’être arrêtée depuis le début de l’année. Nous ouvrons désormais davantage de sites industriels que nous en fermons.

Très bien.

Mais la vérité, c’est que la production manufacturière reste encore 7 % en dessous de son niveau d’avant crise. La vérité, c’est qu’un million d’emplois ont été perdus dans l'industrie depuis 1995 et 2013. La vérité, c’est que les chocs industriels de ces dernières décennies ont été d’une brutalité extrême pour les Français, leurs familles, et plus largement leurs bassins d’emploi. Et que notre industrie est encore vulnérable. Pourquoi ? Parce que, par-delà les odes à l’industrie et les slogans du redressement productif, on a souvent privilégié la communication colbertiste aux actes d’un Etat partenaire. Parce qu’on n’a pas toujours su avoir le réflexe « industrie » dans nos décisions. Parce qu’on a souvent préféré les gains de pouvoir d’achat du « made in world » aux emplois « made in France ». Et finalement, parce qu’on a oublié l’un des moteurs de l’économie française.

« Comment avance-t-on alors ? »

Notre situation actuelle n’est pas une fatalité. Pour peu que nous conduisions une politique d’ensemble pour l’industrie, à même de s’attaquer aux vraies causes de son déclin. Pour peu que nous préférions les actes aux déclarations d’intention.

Notre ambition pour l’industrie est forte. Mais notre rôle a changé. Le rôle de l’Etat n’est plus de lancer le plan « Calcul », le plan « Minitel » ou le plan « TGV ». Ce n’est plus de planifier la production industrielle, ni même de définir les technologies du futur. Nos filières sont désormais ouvertes sur la concurrence internationale, Atos ou Alstom savent ce que cela veut dire.

 Je suis un fervent défenseur de l’industrie française. Je vous le dis comme ancien salarié d’un grand groupe industriel. Je vous le dis comme ancien élu d’un territoire industriel. Je vous le dis comme Premier ministre. Mais le contexte a changé. Ce que vous pouvez attendre de moi a changé, ce que je peux attendre de vous a changé.

Alors je ne vais pas vous proposer un nouveau pacte, un nouveau choc, ou que sais-je encore... Industriels, vous préférez les actions aux concepts. Figurez-vous que moi aussi... Je vous propose que nous nous fixions 5 objectifs clairs et concrets ensemble :

D’abord s’écouter vraiment et régulièrement au sein d’un CNI renouvelé. Nous avons décidé de « muscler » ce Conseil National de l’Industrie, et de le doter d’un comité exécutif réduit, pour avancer plus rapidement et de façon plus agile…

Ensuite, travailler ensemble sur la compétitivité de l’industrie. C’est un point-clé ; nous avons voulu avancer rapidement durant ces six premiers mois en entreprenant une transformation en profondeur du dialogue social et du droit du travail, accompagnée d’une réforme fiscale majeure pour encourager l’investissement et la prise de risques ; nous avons également lancé le Grand plan d’investissement de 57 milliards d’euros ; nous avons pérennisé le Crédit Impôt Recherche. …

Notre ambition pour l’industrie doit s’inscrire de plain-pied dans la réalité actuelle, celle d’un monde globalisé. Nous souhaitons que notre industrie se projette à l’international. Et pour cela, nous annoncerons, dans les semaines à venir, un renforcement de notre dispositif public d’accompagnement et de financement à l’export.

Nous souhaitons également être attractifs et accueillants pour les investisseurs et les industriels étrangers….  Pas de naïveté donc, dans notre approche du monde, mais en contrepartie, une ouverture franche à l’Europe. Je voudrais faire un plaidoyer en faveur de notre politique européenne de l’industrie.

Le Président de la République est très clair sur ce point : ce sujet de la protection de nos intérêts, nous devons le défendre au niveau européen. L’Europe de l’industrie n’est pas un vain mot.

C’est d’ailleurs précisément sur ce socle industriel, le charbon et l’acier, qu’elle a été bâtie.

Je sais que la Commission y est sensible, mais nous devons aller plus loin. La dimension européenne est essentielle pour l’industrie, et de nombreux pays partagent nos vues. Nous devons travailler ensemble sur des sujets tels que le contrôle des investissements étrangers, la réciprocité commerciale, et la création de champions européens.

Aucun pays européen n’a les moyens de soutenir seul la recherche et l’industrie à la hauteur de ce que font les gouvernements chinois ou américain. Je souhaite que nous fassions cause commune sur le développement volontariste de nouvelles filières industrielles. Je souhaite que les programmes actuellement en discussion au niveau européen s’orientent dans cette voie.

C’est pourquoi le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, prendra l’initiative de réunir au printemps prochain ses homologues ministres en charge de l’industrie. Le Conseil National de l’Industrie sera chargé de préparer cette réunion. J’ai demandé à Frédéric Saint-Geours, de porter ce flambeau et d’y travailler. Et je le remercie d’avoir accepté cette mission essentielle.

Nous organiserons également au mois de mars, du 27 au 30 pour être précis, un grand salon international de l’industrie à Villepinte. Avec plus de 50 000 visiteurs attendus et des industriels du monde entier, ce salon sera le plus grand salon industriel généraliste en France. Il permettra de promouvoir le savoir-faire de nos entreprises de la « French Fab » et de leur offrir les meilleures conditions pour leur développement à l’international.

Nous en profiterons pour organiser, avec la Commission Européenne, un forum sur la transformation numérique de l’industrie.

Ce sujet de la transformation de l’industrie est clé.

Les nouvelles technologies et les nouvelles opportunités économiques nous donnent une chance historique de rebattre les cartes de l’industrie et de redonner aux Français une « envie d’industrie et de progrès technologique ».

La French Fab a vocation à embarquer toutes les entreprises qui veulent monter à bord de cette transformation, toutes celles qui veulent innover, se développer à l’international et porter haut et fort les couleurs de l’industrie française.

Je souhaite que l’on puisse inciter l’intégralité de nos PME et ETI industrielles, soit 25 000 entreprises, à s’engager dans cette démarche d’ici 2020. C’est la mission que je confie à Philippe Darmayan et à ses équipes de « l’Alliance French Fab pour l’industrie du futur », d’aller frapper à la porte de l’ensemble des entreprises de notre territoire et les convaincre de sauter le pas, de se transformer et de se moderniser en leur apportant l’expertise ou les conseils dont ils ont besoin….

La transformation de l’industrie implique de nouvelles organisations du travail, et surtout, de nouvelles compétences pour les salariés. Là aussi, le gouvernement répond présent, avec un plan de formation de 15 milliards d’euros….

Parce que les entreprises sont les mieux à même d’évaluer leurs besoins, nous souhaitons aussi donner davantage de responsabilité aux branches en matière de formation et d’apprentissage, qui sont aujourd’hui les meilleurs vecteurs d’insertion professionnelle. C’est l’objet de la concertation que nous avons lancée le mois dernier.

Notre ambition pour l’industrie, je souhaite que nous la portions aussi avec les Régions et les métropoles qui sont des acteurs importants de cette transformation. Et je porterai le sujet de notre politique industrielle à l’ordre du jour de la Conférence nationale des territoires.

Pour construire les champions de demain, nous devons renforcer notre logique de filières et y diffuser la culture de l’innovation

Pourquoi ? Parce que les secteurs qui marchent (l’aéronautique, la cosmétique, la pharmacie, …) sont ceux qui ont réussi à s’organiser en filières ; parce que c’est le bon cadre pour discuter entre entreprises, représentants des salariés et pouvoirs publics.

Parce qu’on ne peut pas faire Alstom sans penser filière ferroviaire : un tramway Alstom, c’est 3000 lots de sous-traitance ; mais aussi parce que c’est là, dans les filières, qu’on peut se préparer aux grands défis technologiques de demain et que l’on peut innover de la manière la plus efficace.

C’est pourquoi le gouvernement a prévu d’accompagner les filières en créant un Fonds pour l’industrie et l’innovation. Ce fonds sera opérationnel au 1er janvier 2018. Il sera doté de 10 milliards d’euros au service de l’innovation de rupture…

Mesdames et Messieurs, Parce que notre ambition pour la France est forte, notre ambition pour l’industrie française est forte. Elle peut s’appuyer sur des atouts exceptionnels : humains, scientifiques, technologiques, géographiques.

Elle peut s’appuyer sur une volonté commune de reconquérir le terrain perdu dans certains domaines au cours des dernières années et surtout, de conquérir ensemble de nouveaux territoires en termes de créativité, d’innovation, mais aussi d’usages pour tous les Français et pour tous les utilisateurs de produits ou de solutions françaises dans le monde entier.

Se déplacer de manière plus rapide et plus sûre, respirer un air plus pur, trouver des traitements pour des maladies aujourd’hui incurables, communiquer plus facilement avec un nombre toujours plus large de personnes.

Voici ce que l’industrie peut nous offrir demain.

L'industrie a changé, le Gouvernement aussi a changé.

Ce Gouvernement veut bâtir un Etat partenaire, qui libère et protège, qui écoute et tient parole, qui incite et encadre, qui défend les intérêts français et joue le jeu de l'Europe.

C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui et nous serons demain à vos côtés pour que l’industrie française retrouve son rang au niveau mondial, qu’elle soit un motif de fierté pour tous les Français et surtout qu’elle se projette, et nous projette avec elle, dans un futur de progrès et de bien-être collectif.

 

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